Intégrer les services écosystémiques dans la gestion urbaine, des terres et des ressources

Comment les communautés locales devraient-elles penser le rôle des services écosystémiques dans l’appui du bien-être humain, en particulier dans le contexte du changement climatique et du développement urbain ? L’auteur de cet article met en lumière les leçons tirées du projet OpenNESS, qui a regroupé 27 études de cas territoriales réalisées sur une période de quatre ans. Le projet propose des solutions éprouvées, pratiques et personnalisées pour l’intégration des services écosystémiques dans la gestion urbaine, des terres et des ressources.

À Andhra Pradesh, district de East Godavari en Inde, les personnes vivant dans les zones de mangroves luttaient contre la perte potentielle de la biodiversité qui leur fournit des services écosystémiques essentiels. Au même moment, à l’est de Helsinki, en Finlande, les populations avaient eu connaissance de l’information selon laquelle la forêt boréale qui s’étend à proximité de leurs maisons devait être transformée en une banlieue densément peuplée, Sibbesborg, comptant plus de 10 000 habitants.

Ces deux histoire se passent dans des régions du monde totalement différentes, ayant des réalités sociales et écologiques différentes. Pourtant, ils ont quelque chose en commun. Dans ces deux régions, les décideurs politiques et les populations sont conscients que les changements présents et à venir présentent à la fois des opportunités et des risques pour ces régions et leurs habitants. L’enjeu fondamental est d’avoir un processus de planification qui tient compte des valeurs et des aspirations des parties prenantes, en plus des préoccupations écologiques et économiques.

Le projet OpenNESS – Opérationnalisation du capital naturel et des services écosystémiques – regroupe 27 études de cas territoriales dans lesquelles les services écosystémiques pourraient jouer un rôle clé en soutenant le bien-être humain et l’intégrité écologique, et en contribuant, par exemple, à la gestion du changement climatique. Dans chacun de ces cas, des approches, des méthodes et des outils ont été introduits, développés et testés en étroite collaboration continue entre les chercheurs des projets et les comités consultatifs des études de cas, qui comprenaient les principaux acteurs locaux – Des responsables de la planification aux entreprises ; des décideurs politiques aux citoyens.

Le village d’Andhra Pradesh et la banlieue de Sibbesborg faisaient partie de ces études de cas. Comme dans tous les cas, les activités de développement étaient menées en étroite collaboration avec les acteurs locaux. La collaboration multidisciplinaire et délibérative a, non seulement, suscité des échanges positifs, créé de nouvelles amitiés et renforcé la bonne volonté, mais elle a également produit de bonnes idées, des propositions concrètes et un consensus sur la prise de décisions difficiles.

À Andhra Pradesh, l’approche développée par l’Indian Institute of Bio Social Research and Development (partenaire locale du projet OpenNESS) est intitulée « Landscape Conservation and Management for Sustainable Livelihood » (protection des paysages et gestion en vue de moyens de subsistance durables). Cette approche a été approuvée par les autorités du Bengale-Occidental lors d’une réunion tenue le 13 mars 2017.

Par conséquent, au lieu d’une approche fragmentaire adoptée par différents ministères, le plan encourage la convergence des activités des 10 ministères responsables des régions choisies, sous la tutelle du programme Rashtriya Krishi Vikas Yojna, avec le ministère de l’Agriculture jouant le rôle d’organe central. Suite à une ordonnance rendue le 27 mars 2017, une stratégie de renforcement des capacités a été définie de façon délibérative pour la communauté et les ministères responsables en vue de la convergence par le biais de « l’évaluation et l’analyse des besoins de formation ».

À Sibbesborg, les contributions venues du projet OpenNESS et de ses chercheurs ont été intégrées au processus de planification municipale ou locale. Comme principale réalisation, les responsables de la planification ont adopté l’approche des services écosystémiques comme une première partie de leur processus de planification. Plus particulièrement, le modèle ESTIMAP a été utilisé pour évaluer les parties les plus importantes de la région du point de vue des services écosystémiques.

Les discussions structurées entre les différents acteurs ont débouché sur l’élaboration de plans pour l'entreprise écologique qui existe dans la région, et devra être maintenue afin de soutenir le bien-être des populations et fournir des moyens de subsistance aux personnes engagées dans ces activités. Étant donné que Sibbesborg fait partie d’une vaste municipalité, les leçons positives et négatives acquises lors du processus de planification ont le potentiel énorme d’influencer des processus dans d’autres zones de la municipalité, mais aussi ailleurs en Finlande et au-delà.

Les expériences découlant des 27 études de cas sont disponibles sur le lien réalisation du projet, en particulier dans la Note de politique 9, qui rassemble les enseignements, et présente aussi la brochure de toutes les études de cas d’OpenNESS.

 

Auteur:

Pr. Eeva Furman effectue des recherches dans la gouvernance environnementale et le développement durable depuis plus de 20 ans. Elle est directrice de l’Environment Policy Centre, Finnish Environment Institute (SYKE).