GlobalDev et la santé mentale

 Les guerres, les pandémies et les catastrophes environnementales peuvent toutes avoir des conséquences désastreuses sur la santé mentale des populations. GlobalDev a déjà publié plusieurs articles consacrés à ce problème croissant mais négligé dans les pays en développement, et aux réponses politiques possibles.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, en 2019, une personne sur huit, soit 970 millions de personnes dans le monde, vivait avec un trouble mental. Ce nombre a augmenté de façon spectaculaire au cours de la première année de la pandémie de Covid-19, qui a vu une augmentation de 25 % des troubles anxieux et dépressifs. Pourtant, les praticiens du développement accordent relativement peu d'attention à la santé mentale. À GlobalDev, nous avons décidé de mettre en lumière les liens entre santé mentale et développement en publiant une série d'articles sur le sujet. Voici ce que nous avons appris jusqu'à présent. 

Comme le disent Marc Rockmore et ses collègues dans leur article intitulé Défis du développement liés à la santé mentale et environnement, « les troubles de la santé mentale sont une préoccupation de premier ordre en matière de développement. » Non seulement les maladies mentales entraînent des coûts directs en matière de santé générale, mais il a également été démontré qu'elles ont un impact important sur les carrières, les marchés du travail et les revenus des travailleurs. 

Les auteurs expliquent que l'exposition à des traumatismes importants au début de la vie n'est pas la seule cause des problèmes de santé mentale à l'âge adulte. De fait, les recherches montrent que des événements tels que les variations de revenus et les changements climatiques peuvent également être à l'origine de troubles mentaux.

 

Défis du développement liés à la santé mentale et environnement

 

De même, dans son article sur la santé mentale et les objectifs de développement durable, Crick Lund explique que la dépression, l'anxiété, le syndrome de stress post-traumatique et la schizophrénie sont déterminés par la société et que, par conséquent, les traiter sans s'attaquer à l'environnement qui en est la cause pourrait être contre-productif. Comme il le dit, « Pourquoi soigner les gens si c’est pour les renvoyer ensuite vers les circonstances qui les ont rendus malades en premier lieu ? »

Lund appelle à un programme de développement intégré utilisant la santé mentale à la fois comme moyen et objectif du développement international. Il illustre ce besoin comme suit : « La réduction de la violence sexiste, les transferts monétaires, l'amélioration du logement, l'amélioration de l'éducation et les réponses rapides aux urgences humanitaires sont tous profitables à la santé mentale – et leur impact et leur durabilité pourraient potentiellement être renforcés par des interventions intégrées de santé mentale. »

 

Santé mentale et objectifs de développement durable

 

L'exposition aux conflits est un autre facteur important qui affecte la santé mentale des individus. Dans son article intitulé Santé mentale : des interventions fondées sur des preuves dans des pays sortant d'un conflit, Theresa Betancourt suggère de recourir aux programmes d’éducation et de formation pour l’emploi comme plateformes alternatives permettant de fournir des services de santé mentale. 

Comme elle l'explique, un enfant sur six vit dans un pays en conflit – ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé mentale, augmentant le risque de dépression, d'anxiété et de troubles post-traumatiques. En outre, si les conflits accentue le besoin de services de santé, ils détruisent en parallèle les infrastructures sanitaires, privant ainsi la majorité des personnes souffrant de troubles mentaux de tout traitement. Par conséquent, « L’intégration d’interventions de santé mentale reposant sur des preuves scientifiques à des programmes d’aide innovants, par exemple visant l’éducation, l’emploi et l’entrepreneuriat chez les jeunes, peut avoir des effets positifs sur la réalisation des activités du quotidien et les relations interpersonnelles des jeunes. »

 

Santé mentale : des interventions fondées sur des preuves dans des pays sortant d'un conflit

 

On ne peut évoquer la santé mentale sans parler de la pandémie. Comme nous l'avons mentionné précédemment, au cours de la première année de la pandémie, une augmentation de 25 % des cas d'anxiété et de dépression a été constatée. 

Dans leur article intitulé Quel est le coût des mesures de confinement sur la santé mentale ? L'exemple de la Turquie, Onur Altindag et ses collègues montrent qu'à court terme, les restrictions de circulation entraînent une détérioration importante de la santé mentale à cause de l'isolement social et physique, en particulier chez les populations les plus vulnérables.

 

Quel est le coût des mesures de confinement sur la santé mentale ? L'exemple de la Turquie

 

Le déclin de la santé mentale pendant la pandémie a également été mentionné dans plusieurs de nos articles traitant de l'insécurité alimentaire pendant la Covid-19, de la résilience pendant la pandémie et de la manière dont les Think Tanks des pays du Sud ont répondu aux défis posés par cette période.

Êtes-vous un chercheur désireux d'écrire sur la santé mentale et le développement pour GlobalDev ? Lisez notre brochure et notre guide de style et envoyez-nous votre proposition à editors.globaldevblog@gdn.int.

 

Auteure :

Catherine Otayek est gestionnaire du GlobalDev Blog et spécialiste de la communication avec le Global Development Network (GDN).